Description
Disparu précocement en 1915, André Lafon » était de ceux que ne quitte jamais le sentiment tragique de la vie « , confia François Mauriac, son frère en littérature.
Longtemps introuvable, L’Elève Gilles, qui soutient la comparaison avec Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier ou Les Désarrois de l’élève Törless de Robert Musil, appartient à ces livres dont on se confie l’existence entre amis, comme un secret, et dont on recommande la lecture avec précaution. C’est un mot de passe, le signe de reconnaissance d’une sympathique maçonnerie. Il marque l’appartenance à une communauté sensible, à un petit clan d’amateurs fraternels se saluant comme membres d’une même famille. Roman d’apprentissage.
L’Elève Gilles est avant tout un récit secret. Dans une langue intemporelle, André Lafon puise parmi ses propres souvenirs pour évoquer une enfance solitaire et contemplative au bord d’un estuaire. Il dit la consolation et l’enthousiasme qui saisissent l’exilé, dans son lit de dortoir, à contempler, avec une avidité forcenée, la splendeur des constellations.












Bettybook –
La maison d’édition l’Éveilleur réalise un travail de « passeur » culturel en remettant en lumière des textes oubliés.
Cette édition est saluée pour sa sobriété et son élégance, rendant justice à la prose limpide d’André Lafon.
Pour le lecteur moderne, c’est une plongée dans une France Rurale et scolaire disparue, traitée sans sentimentalisme excessif mais avec une grande tendresse.
Certains le trouveront trop contemplatif. C’est un livre qui demande du silence autour de soi.
André Lafon est mort pour la France pendant la Première Guerre Mondiale. Mauriac a écrit : « Lafon était celui de nous tous qui était le plus près de Dieu ».
La relation entre François Mauriac et André Lafon est l’une des amitiés littéraires les plus pures et les plus déchirantes du début du XXe siècle.Elle repose sur une admiration mutuelle, une foi partagée et un sentiment d’isolement face à la modernité.
Leur rencontre n’est pas fortuite : elle naît de la lecture. Mauriac, jeune poète ambitieux à Bordeaux, découvre les vers d’André Lafon. Il est subjugué par la simplicité chrétienne et la pureté de ton de ce jeune homme qui semble vivre hors du temps.André Lafon incarne une forme de paix intérieure et de renoncement qui fascine Mauriac. Pour François Mauriac, André Lafon n’était pas seulement un ami, c’était un guide.
La mort d’André Lafon, emporté par une scarlatine alors qu’il était infirmier militaire pendant la Grande Guerre, est un séisme pour François Mauriac.Il passera le reste de sa vie à honorer la mémoire de son ami. Il a écrit de nombreux articles et préfaces pour les oeuvres d’André Lafon, s’assurant que son nom ne soit pas oublié.
Ce livre était le livre de chevet de Mauriac. Il y voyait le portrait de l’âme qu’il aurait voulu avoir : celle d’un enfant qui regarde le monde avec une « clarté d’eau de source ».
Mauriac, le survivant qui connaîtra la gloire et le Prix Nobel, portera toujours en lui le regret que « le meilleur d’entre eux » soit parti si tôt.