Description
Estuaire de notre Gironde,
Que nous aimons tant traverser,
Tout en coupant le fil de l’onde,
Semble vouloir nous attirer…
Alexia Jean-Jousson est bien plus qu’une poétesse ; elle est la voix sensible du Médoc et de la Gironde.
Son oeuvre est marquée par une sensibilité lyrique et une attache régionale, particulièrement pour le Sud-Ouest de la France. Elle a publié plusieurs recueils de poésie et des romans, souvent illustrés ou préfacés par des figures intellectuelles de l’époque.
Poésie : . Parfums d’âme (1947) : Recueil de poèmes. Au hasard de mon rêve (1948) : prose et poésie, préfacé par Camille Finet. Sous le ciel de Gascogne (1950) : Poèmes célébrant sa région. Révélations (1955) : Un recueil de sonnets publié chez les Amis de Pétrarque. Prières et mélopées (1982) : Une de ses publications plus tardives.
Romans et prose : C’est tout un printemps (1950) : Roman souvent relié à ses écrits sur la Gascogne. Les Larmes de sang (1964) : Publié aux éditions du Scorpion. Àme en déroute : Une oeuvre de fiction explorant les tourments intérieurs.
Elle est particulièrement reconnue pour avoir écrit en gabaye (une variante du saintongeais parlée dans le Pays Gabay, au nord de la Gironde). L’un de ses mérites est d’avoir fidèlement transcrit le langage des « Landous » (habitants des Landes de la région), préférant l’authenticité locale à une version plus classique du saintongeais.
Les recherches confirment qu’elle occupe une place de choix dans l’Anthologie Gavache aux côtés d’autres auteurs emblématiques du XXe siècle comme Émile Bodin. Ses écrits en langue vernaculaire ne sont pas seulement des curiosités locales, mais des pièces maîtresse de la littérature d’oïl en Gironde.
Contrairement à ses sonnets français très structurés, ses écrits en gabaye sont :
. Phonétiques : Elle écrit « comme on parle », ce qui rend la lecture à haute voix essentielle pour en saisir la saveur.
. Thématiques : Elle y évoque souvent l’estuaire, les travaux de la vigne et la vie des petites gens de la « Gavacherie ».
Une partie de ses textes a été répertoriée et analysée par des linguistes régionaux (notamment dans les travaux de F. Bossy. Ces études mettent en avant sa capacité à utiliser le gabaye non pas comme un langage « simpliste », mais comme un outil poétique capable de transmettre des émotions complexes.
Son style est souvent décrit comme « agreste et juste », reflétant une certaine simplicité pastorale et une sensibilité aux émotions humaines. En plus de ses publications officielles, elle a laissé derrière elle une oeuvre inédite en langue vernaculaire qui, selon certains spécialistes régionaux, mériterait d’être redécouverte pour son importance culturelle et linguistique.
Son écriture est souvent décrite comme classique et empreinte de douceur. Elle utilise des formes traditionnelles comme le sonnet pour exprimer des thèmes tels que : Le rêve et l’onirisme, l’attachement à la terre (Gascogne) , la spiritualité et les émotions intimes.





Bettybook –
Un peu de poésie dans ce monde de brutes !! et d’histoire…
L’estuaire de la gironde est un territoire fascinant, à la fois sauvage et façonné par l’histoire. C’est le plus vaste estuaire d’Europe occidentale, né de la rencontre entre la Garonne et la Dordogne au niveau du Bec d’Ambès.
Voici ce qui rend notre « rivière » ( comme on l’appelle ici) si unique : un écosystème en mouvement.
L’estuaire est un milieu vivant où l’eau douce se mélange à l’eau salée de l’océan atlantique. Ce phénomène créé le bouchon vaseux, une zone de turbidité qui donne à l’eau sa couleur « café au lait » caractéristique.
. Le Mascaret : Selon les marées et les coefficients, une onde remonte l’estuaire et les fleuves, faisant le bonheur des surfeurs locaux.
. Les îles : L’estuaire abrite une dizaine d’îles comme l’île nouvelle ou l’île de Patiras qui évoluent au gré des courants et des dépôts de sédiments.
Un patrimoine entre terre et mer. Les rives de la Gironde racontent des siècles de navigation et de défense :
1. Le Verrou Vauban : Classé à l’UNESCO, il comprend la citadelle de Blaye, Le Fort Médoc et le Fort Pâté, conçus pour protéger Bordeaux des invasions Maritime.
2. Cordouan : À l’embouchure se dresse le « Roi des Phares », le plus ancien phare de France encore en activité et ouvert au public.
3. Les Carrelets : Ces cabanes de pêcheurs sur pilotis, avec leurs grands filets carrés, sont l’emblème poétique du paysage girondin.
L’estuaire est une zone de transit vitale pour les poissons migrateurs. C’est l’un des derniers refuges pour l’esturgeon européen, une espèce protégée qui fait partie de l’ADN de la région.
Je tiens beaucoup à la préservation de cet écosystème fragile et je suis contre ce projet Pure Salmon au Verdon-sur-Mer.
Le projet prévoit une production annuelle de 10000 tonnes (c’est énorme) de saumons dans une ferme aquacole géante. L’usine serait située à proximité immédiate de deux zones Natura 2000. Le risque de rejets d’azote et de phosphore dans l’estuaire reste la crainte numéro 1.Le pompage dans les nappes phréatiques de 6500 m3 par jour est vertigineux : Il représente plus de 2,3 millions de m3 par an. Pour donner une image concrète, c’est comme si l’on puisait chaque jour l’équivalent de la consommation d’eau d’une ville de 40 000 habitants comme Royan et Saintes réunies uniquement pour cette usine. En pompant massivement, on crée une dépression qui peut faire remonter l’eau salée de l’estuaire ou de l’océan dans les nappes d’eau douce. C’est un phénomène irréversible qui rendrait l’eau impropre à la consommation.
Les emplois ??? c’est la question centrale qui revient dans toutes les discussions : Le jeu en vaut-il la chandelle ?
D’un côté, les promoteurs et certains élus voient une opportunité économique pour une zone en difficulté. De l’autre, des milliers d’opposants comme moi dénoncent un déséquilibre flagrant entre le bénéfice social et le risque écologique.
Des collectifs comme Seastemik soulignent que dans ce type d’usines hyper-automatisées, le besoin en main-d’oeuvre est souvent revu à la baisse une fois l’usine lancée. Certains experts estiment qu’on pourrait tomber à 50 ou 70 emplois effectifs.
Le Médoc vit du tourisme vert, de l’ostréiculture et de la pêche. Si l’estuaire est pollué ou si l’image du territoire est associée à une « ferme-usine », combien d’emploi dans l’hôtellerie, les campings et les ports pourraient disparaitre ?
Aujourd’hui, le sentiment général est que ce projet appartient à un modèle industriel du siècle dernier, là ou le Médoc cherche justement à inventer un avenir plus doux, basé sur le respect de ses paysages et de sa biodiversité.
Transmettre la beauté de cet estuaire sans la dénaturer.
On ne peut pas installer une usine géante là où le silence, le vent et la lumière sont les véritables richesses si bien décrites par Alexia, ma grand-mère.